Plurielle

D’abord humain

18 juin, 2008

Fatigue et poésie

Depuis environ deux semaines, il s’agit de me lever à l’heure, de garder le rythme et de présenter bonne figure. La norme, le monde du travail, certains en rêvent. Moi j’ai juste besoin de gagner ma vie : je sais, je ne suis pas la seule. La gagner ou la perdre ? C’est quoi gagner sa vie ?

Dans le même temps, je rêve de poésie, je lis de la poésie, je m’y essaye aussi. Je reprends mes esprits, mon rythme, dès que cela sera fait(bientôt) je reviens vers mon blog. Vers vous !

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13 juin, 2008

Un souvenir peut en cacher pleins d’autres

 

Pendant des années j’ai été triste chaque vendredi soir. Puis ma mémoire s’est adressée à mon être conscient. Pendant 18 ans, j’avais engrangé des souvenirs. Ceux du vendredi soir : de la maternelle au lycée privé de l’obédience de mes parents, je n’ai jamais été scolarisée le vendredi après-midi.

Cette demie journée a toujours été consacrée à préparer le sabbat ! Il s’agissait de sortir les habits, sacs et chaussures que toute la famille devaient mettre le lendemain pour aller au temple. Habits différents le matin de ceux qu’on porterait l’après-midi et éventuellement le soir. Sortir les habits, c’était en vérifier l’état, repasser tout ce qui devait l’être et souvent il fallait tout repasser avec ces petits fers à repasser d’un autre âge,assez lourds que l’on posait sur la lampe à pétrole pour leur faire accumuler de la chaleur. Plus tard nous avons eu un fer à repasser électrique, je devais être en classe de seconde. Ces petits fers à repasser que ma mère appelait « tite négresse » il fallait les saisir une fois chauds à l’aide d’un linge enroulé autour de la poignée. Il ne fallait pas les laisser trop longtemps sur le réchaud à pétrole si on voulait éviter la vilaine tâche roussâtre de brûlé sur les habits. Au début de mes souvenirs, mon père et mes frères avaient aussi des chemises en « tergal » qu’il fallait défroisser. Le coup de fer trop chaud et la chemise était bonne à jeter.,, mais elle laissait à nos narines une désagréable odeur de plastique fondu.

On faisait aussi le grand nettoyage de la maison, changer les fleurs dans les vases, enlever toute trace de poussière…bref on la parait comme si on devait y recevoir quelqu’un d’important.

Il fallait aussi préparer le repas du lendemain puisque le jour du sabbat on n’allume pas de feu.Dans ma plus tendre enfance, si on devait aller à un autre temple que celui se trouvant près de la maison il fallait aussi prévoir la somme exacte pour le taxi ou les tickets pour le bus pour ne pas avoir à acheter quelque chose ce jour-là. Les transactions financières sont en effet interdites. Mes parents n’ayant jamais eu de véhicule personnel, cette donnée du transport occupait une place particulière pour la maisonnée.

J’ai failli oublier les chaussures : appliquer la cire puis les faire briller était incontournable pour les paires allant du grenat au noir. Les blanches étaient passées au cirage liquide, blanc ou transparent selon que la paire devait briller ou non. Le sac à main de ma mère devait être assorti à ses chaussures et il fallait y veiller ce jour là aussi. Tout devait être prêt à l’avance, ce qui n’a jamais empêché l’énervement au moment de partir le lendemain matin. Mon père changeant à la dernière minute de boutons de manchettes ou ma mère de chapeau.

En fin d’après-midi de chaque vendredi, au coucher du soleil, lavée de frais, ayant revêtu des habits de circonstance et bien coiffée, toute la famille se réunissait pour saluer le sabbat !!! autour de la table de la salle à manger, nous chantions en chœur et priions ce jour béni pour célébrer le repos de Dieu au 7éme jour de la création. C’était le moment aussi de réviser la leçon de l’école du sabbat ou pour ceux qui participaient aux offices, le texte, chant ou bulletin destiné à être présentés à l’assemblée des frères et sœurs de la congrégation le lendemain. On révisait aussi la vigile matinale de la semaine : versets de la bible appris tous les matins de chaque semaine.

Ensuite la soirée reprenait son cours normal : souper et échanges puisque la télévision, comme le fer à repasser électrique a franchi le seuil de notre demeure durant l’année de mes 16 ans.

J’ai une image précise en tête : un samedi matin nous partons à pied vers le temple : ma mère vêtue de la robe bleue marine à pois blancs qu’elle s’est cousue, mon père et mes frères arborent une cravate du même tissu un peu brillant, du taffetas, disent mes souvenirs. Le col de ma mère forme une sorte d’écharpe qu’elle noue, elle nommait ça « lavallière » Elle a sur la tête un couvre–chef beige à pois marrons, j’ai su plus tard que ça s’appelle une chapka ! N’oublions pas que je suis aux Antilles dans les années 70 ! Ma sœur et moi sommes vêtues de robes identiques faites par ma mère également, seule la couleur change. Toutes deux portons sur la tête une mantille blanche retenue par une épingle à cheveux. Les filles et les femmes doivent être voilées (avoir quelque chose sur la tête pour cacher les cheveux) pour pénétrer dans la maison du Seigneur…Nous avons obtenu à l’entrée de l’adolescence de ne porter la mantille que dans le temple et plus du tout sur le trajet.

La tristesse sourde du vendredi soir…elle vient de là. Pas du manque, non ! Elle vient de cette mascarade déguisée en religion qui sert encore de guide à mes parents, leur faisant occulter la richesse de leur culture, les aveuglant quant à la distance qu’ils mettaient entre nous et « les autres » et aux vexations et moqueries auxquelles ils nous exposaient.

Je vous raconterais un jour, le sabbat et un autre l’uniforme. Nous sommes vendredi, fin d’après-midi, j’y pense mais je n’ai (presque) plus de rancoeur.

 

 

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10 juin, 2008

Ce que l’on garde pour soi

Il y a ce que l’on pense, il y a ce que l’on dit, il y a ce que l’on garde pour soi mais surtout il y a les actes. J’en ai pris conscience il y a assez longtemps déjà. Cependant je crois être atteinte de procrastination, j’ai un aussi un autre défaut qui vient contre balancer celui-là de façon un peu brutale : Quand je m’y mets c’est terrible, destructeur ravageur. Dans ma vie familiale, ces défauts sont un fardeau. Dans ma vie professionnelle, un frein. Pour ne pas montrer de quoi je suis capable, je suis restée dans l’ombre très longtemps. Là je sors les griffes.

Ce que je pense : j’ai des capacités attestées par des diplômes et de l’expérience.

Ce que je dis : les étiquettes donnent des indications, mais peuvent tomber.

Ce que je garde pour moi : ils vont pas m’emmerder à minimiser mes valeurs.

Ce que je fais : je me coule dans le moule, j’accepte de régresser puis je rue dans les brancards.

Aujourd’hui, j’en suis à poser des exigences, on dirait du chantage ! Mais la cinquantaine approchant je n’ai plus envie de faire des concessions, plus envie d’être la brave fille qui peut passer d’un poste à l’autre sans rien dire en faisant fi de son savoir et des ses aspirations. J’ai une aspiration à laquelle je veux accéder vraiment et je mettrai tout en oeuvre pour y arriver : au delà du chantage, je vais me construire une fiche de poste sur mesure et m’organiser pour la faire valider. J’en ai assez de renoncer à ce que je veux, j’en ai assez de faire semblant d’être quelqu’un d’autre. Je suis ambitieuse, j’ai les capacités de mes ambitions. Alors je dis zut à la modestie et au politiquement correct. Et ce sera tout de suite car si j’attends demain, je vais repousser sans cesse la mise en exécution de ce projet.

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