Plurielle

D’abord humain

16 décembre, 2009

Contrastes

Classé dans : antilles,bavardages,chronique,citations,enfants,humeurs,philo,reflexions,societe — kinkajouunblogfr @ 17:40

Je voulais coucher sur papier d’écran mes impressions strasbourgeoises depuis quelques temps déjà mais l’envie était restée tapie dans ma mémoire. Je ne ferais pas l’apologie d’un lieu où je suis restée trop peu. En revanche, la brièveté du séjour ne me fait retenir que le positif. Je vis ou plutôt j’habite le montpelliérain depuis mon entrée dans l’âge adulte. J’apprécie la carte postale mais il m’arrive de prendre en pleine face les côtés exécrables de l’urbain qui y séjourne. Ç’était hier…mais j’en parlerais plus loin.

Si j’avais eu un flingue hier en début de soirée…je n’aurais pas pu écrire ce billet ! Je ne sais pas encore quelle partie de la phrase précédente je regrette le plus ! En fait, je crois que si. Je regrette de ne pas avoir eu un flingue. Je n’aurais pas débarrassé la surface de la terre de tous les cons, mais j’aurais quand même tenté d’éclaircir le paysage.

Il y a quelques semaines, dans le train qui m’emmène vers Strasbourg, un contrôleur me répond de manière affable, polie et pertinente. Il accède à ma demande et va au delà de mes espérances en me proposant une solution d’achat d’une prolongation de parcours qui, m’évite de perdre du temps en gare. L’accent « local » me confirme que je ne me suis pas trompée de tortillard.

Et puis j’éclate de rire avant de descendre du train : un passager se propose de descendre ma valise sur le quai à l’arrivée en gare ! Regard en coin, incrédulité…ce n’est pas un plan drague, il se propose réellement. Face à mon étonnement qui a provoqué mon rire, je lui explique que de là où j’ai pris le train les gens ne voient même pas ma valise, donc qu’ils seraient incapables de me proposer leur aide.

Durant les quelques jours suivants je vais vérifier que les gens m’abordent facilement, se parlent entre eux, se saluent en attendant dans le petit jour ou à la tombée de la nuit le moyen de transport qui les amène ou les ramène à destination. Ça existe aussi dans le montpelliérain mais c’est très spécial, les gitans, arabes, noirs ou autres colorés se sourient ou s’injurient, échangent. Les européens plus pâles ne me voient pas (je ne fais pas une analyse sociologique avec panel et tout le toutim , je parle de mes souvenirs, sans souci de la sensibilité de tel ou tel…ok ?)

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En début de semaine, j’assiste à une conférence de Tzvetan Todorov dont j’ai parlé déjà en octobre il me semble. Cet homme m’épate, son analyse de notre société, son parti pris d’interroger en permanence ce qui fonde et constitue la condition humaine oblige à aller aussi loin que possible dans la compréhension partout où se dessine l’identité humaine : de l’amour à la connaissance de soi. Tout cela, il le pose en fondamentaux de l’existence. Ses propos d’intellectuels sont émaillés des récits des rencontres qui l’ont façonnées en tant qu’être… sans rien livrer de son intimité il révèle cependant ce qui lui est cher.

On reste en ville : chacun vaque à ses occupations après sa journée occupée par exemple, c’était mon cas, à travailler.J’ai un rendez-vous important que je tiens absolument à honorer, j’ai trafiqué mon emploi du temps avec ma fille aînée puisque, bonnes citoyennes, nous co-voiturons…n’y voyez aucun effet de la crise !

Nous voilà engagées dans une des artères surchargées de la ville à cause des travaux et diverses déviations mises en place pour préparer l’arrivée de la troisième ligne de tram. Il fait froid depuis deux ou trois jours dans notre jolie ville et tout le monde est à cran, les raisons sont multiples certainement pour cet agacement collectif. C’est le moment que choisi mon levier de vitesse pour nous laisser en rade ! Le salaud ! Rien à faire, ni prière, ni incantation vaudoue, ni coup de poing. Mon éléphanteau ne bougera pas de là ! Sang-froid de rigueur oblige, il s’agit de rentrer au moins à la maison, d’organiser le retour de n° 4 qui est en stage de découverte de l’entreprise, de décommander mon rendez-vous et bien sûr de contacter IMA pour organiser le remorquage de l’éléphanteau. Feux de détresse, triangle de signalisation à quatre mètres et pour ma fille joli gilet jaune fluo !

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Une heure trente cinq plus tard nous avons survécu aux cons des deux sexes, aux donneurs de leçons, aux aveugles qui se collent derrière la voiture… »on n’a pas vu!  » Aux petits vieux gentils plus embêtés que nous encore, à d’autres petits vieux qui ne font que rentrer chez eux :  » vous ne nous dérangez pas du tout madame », à ceux qui se dépêchent de contourner l’emplâtre en faisant mine de pas voir ceux qui viennent en face. Une blonde en dedans, tente l’expérience et est contrainte de reculer par un irascible. Il était dans son droit au regard du code de la route ! Courroucée elle fait une marche arrière rageuse et vise le triangle sur lequel elle choisi de rouler avant de partir à toute vitesse. Mes nerfs sont mis à rude épreuve compte tenu du nombre d’abrutis de conducteurs qui empruntent cette rue. C’est le moment que choisi un désoeuvré qui passe pour la troisième fois pour venir m’engueuler : « qu’est-ce tu branles, ça fait deux fois que je passe, tu ne vois pas que tu gênes ? déplace ta bagnole ! » C’en  est trop, je sais aussi parler cru et en termes orduriers mais choisis, je l’ai invité à attacher ses petites couilles au véhicule pour le tracter. Surpris, le petit monsieur a remballé ses attributs autour de son cou et détalé hors de ma vue, il ne s’attendait ni au volume sonore ni au vocabulaire…il y réfléchira à deux fois avant de penser(terme inapproprié)  qu’on puisse choisir le lieu, l’heure et le type de panne, uniquement pour encaguer ses con-citoyens.
Je suis rentrée chez moi en taxi …ça me réconcilie avec ma prime d’assurance.

14 décembre, 2009

Crapaud

Classé dans : amours,bavardages,chronique,humeurs,poesie,reflexions,societe — kinkajouunblogfr @ 1:35

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Je me fiche de savoir que tu ne fais pas de promesses et surtout pas à moi !

Promets-moi de me prévenir avant de mourir.

Pas pour toi, mais pour moi !

Je veux entendre ta voix avant.

Je veux voir tes yeux rire avant.

je veux de mes mains caresser ta peau avant.

Je veux avoir l’arrondi de ton épaule dans ma main avant.

Je veux frotter mon nez dans ton cou avant.

Pour certains ce n’est pas gentil, même pas poétique !!!

Je m’en fiche !

C’est égoïste, juste égoïste, mais c’est ainsi.

Si tu pars, c’est moi qui me sentirais abandonnée,

Moi qui vais pleurer puisque tu auras tari tes larmes.

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Cet énième abandon sera de ceux qui font hurler de douleur.

Je te l’ai déjà demandé, le mieux c’est que tu ne meures jamais !

Tu m’entends ?

J’ai pas une gueule de princesse

Mais c’est ta tronche de crapaud qui me fait saliver.

Tu ne m’as pas cru quand je disais être accro à toi, ne pas pouvoir vivre sans toi…

Pourtant c’est vrai et ça l’est depuis longtemps !

 

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9 décembre, 2009

Lettre à un absent

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Un soir de lassitude, je discutais avec un ami, il me proposa cet exercice étrange : que je lui écrive ce que j’aimerais dire à l’absent…extraits :

 

 

 

 

Si tu avais été là, ce soir et les soirs précédents, si tu avais été là, aujourd’hui et les jours précédents, je t’aurais raconté des souvenirs de nous…. Tu sais ? le taxi en Provence, le train du retour, moi dans le mauvais sens, toi fonçant sous la pluie malgré ta vision plus que mauvaise. Je t’aurais raconté ce geste, que tu as eu quand le pin a laissé tomber une goutte collante sur ton pare-brise…le geste d’un de l’Est, comme cet autre avec un tamaris fleuri en mai…une voiture bleue aussi.

Je t’aurais raconté l’image que j’ai eu devant les yeux et la manière dont je sais aujourd’hui qu’elle ne devait rien au hasard. Appuyé contre ta voiture, les jambes croisées dans un attitude faussement nonchalante. Je t’aurais raconté le choc quand je me suis élancée vers toi, mon étonnement contre ce corps décharné.

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Je t’aurais raconté le fou-rire dans les lits, non pas jumeaux mais jumelés. Je t’aurais dit cette première fois où mon cerveau m’a dit : »non pas lui » ! Je t’aurais raconté pourquoi, moi si attachée à mes libertés j’ai accepté de ne pas me montrer autrement que comme tu voulais me voir. Cheveux tirés en arrière et chemise de nuit me convenaient, toi tu me voulais nue à tes côtés. Je t’aurais raconté l’incrédulité de mes doigts, là où tu aurais du avoir des fesses…il n’y avait rien ! Et mes doigts étonnés, d’interroger mon cerveau : il s’assied sur quoi ?

Je t’aurais raconté le mac do puisque nous avions laissé passé l’heure des vrais restaurants. Je t’aurais raconté, une bouteille de vin blanc…à goûter absolument ! Et mon cerveau qui me dit : le vin blanc pas frais…beurk !

On aurait croisé nos souvenirs, tu m’aurais dit, ma jupe, mes bottes, mes tresses, mon ventre, mes seins, mes fesses peut-être ! Et puis le restaurant, le jour d’après. Les clients étonnés : un qui boite et une noire !

Je ferais vivre nos sourires, tes yeux et cette impression d’irréel qui était la mienne après les échanges épistolaires que nous avions entretenus. J’aurais évoqué les « après » : Ma première fois chez toi : on entre par le garage, puis la réserve…autant dire par l’arrière de la maison qui est restée ouverte ! Tu es fier de me monter ce que tu as réalisé de tes mains. Tu es pressé aussi de me culbuter. Moi, ta main où j’ai glissé la mienne me suffit. Nos baisers me suffisent. Je suis bien, je suis mal à l’aise aussi. J’ai envie de dormir. Une journée en train et des sentiments nouveaux me bouleversent, me fatiguent. Dès ce premier séjour chez toi, je te colle ! rassurée uniquement quand je suis dans ton ombre, dans ton creux. Si je m’éloigne, parce que ma présence siamoise te pèse, surgissent des fantômes qui ont vécu avec toi, qui ont traversé cet endroit et y ont laissé des traces. Collée à toi, dans ton odeur au moins je sais pour qui je suis là.

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Tu me proposes un apéro pour dix ! Je proteste mollement mais je suis fière, car tu as du rhum de chez moi ! Quelle sotte ! Quel manque de jugeote que de te croire sur parole quand tu balaies d’une phrase anodine ton « passé » d’alcoolique.

Tu es fier du repas que tu m’as préparé, tu guettes le moindre battement de cil, la moindre approbation. Je mange, j’ai l’estomac noué, je ne sais pas te dire que manger, c’est bon mais ça n’est pas ma préoccupation essentielle !

Tu tournes le dos pour prendre des médicaments, je reconnais des boites vues chez mon beau-père. Je ne te demande rien. Tu me diras par la suite que ce sont des régulateurs d’humeur. Nos premières nuits sont belles. Tu me fais honneur. Je me dis que peu c’est bien, si je suis en quête de qualité. Tu veux savoir si et ce que j’apprécie de tes assauts…Ne pas blesser, flatter plutôt, voilà ce que je me dis et je me veux rassurante dans des propos qui doivent traduire ma satisfaction…mais tu me trouves insatiable ! Comment te dire que tu m’amènes près du plaisir, tout près, mais que le feu d’artifice sans bouquet final n’est pas totalement réussi.

Je suis une cérébrale alors je me jette sur nos échanges « intellectuels », tu as écrit des km de choses…tu m’en lis quelques extraits. Des livres écartelés indiquent que tu aimes lire. Plus tard, beaucoup plus tard, je verrais que tu tournes en rond dans tes choix, ton argumentation et que ton ouverture n’est que relative. Beaucoup plus tard encore, je verrais que tu te cites toi-même, que tu t’écoutes parler.

Quand tu m’as coupé la parole au début, j’ai mis cela sur le compte de l’empressement à dire, à me dire . Je m’étais trompée, il s’agissait que tu dises ! Pas d’échanges ou de discussions.

Si tu avais été là les jours et les nuits précédents… je n’aurais pas tout dit. J’aurais évoqué le manque de toi, la douleur de la perte, l’écho de ta voix, le doux de ta peau, le suave de tes mots. J’aurais évoqué trois ans en dents de scie, trois ans d’espoirs, trois ans où j’ai bâti des ponts jusqu’à toi. Trois ans où j’ai appris à me résigner à n’avoir qu’un handicapé ! Trois ans où je me suis préparée à l’éloignement de ce que j’ai de plus cher au monde. Je t’aurais dit que malgré l’affront, malgré la haine, malgré la rancoeur, quand je me lève c’est toi que je salue en premier, quand je me couche c’est vers toi que vont mes dernières pensées.

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Lorsque je vois un livre, un film, une voiture, un camion, une expo…c’est avec toi que je veux en partager la primeur. Quand je me promène, c’est à ton rythme que je me surprends à avancer. Quand …tu as compris je pense que, rien de tes travers, ni la maladie que j’exècre, ni ta personnalité perverse ne parvient à me détourner de toi. Tu es devenu référence incontournable, c’est de toi que je parle avec tous ceux dont les bras se sont tendus pour que je t’oublie. Je dois apprendre à oublier pour reprendre mon chemin de vie. Je ne compte pas pour toi, même cela, ne me fait pas décrocher… On n’a pas les mêmes mœurs, on n’a pas les mêmes rêves, on n’a pas les mêmes espoirs… Notre rencontre a été une erreur monumentale !

J’ai envoyé ça, à quelqu’un qui en devenant dépositaire me libère d’une sorte de chagrin…pour qu’un autre aille lire par dessus son épaule.

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