Plurielle

D’abord humain

9 décembre, 2009

Lettre à un absent

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Un soir de lassitude, je discutais avec un ami, il me proposa cet exercice étrange : que je lui écrive ce que j’aimerais dire à l’absent…extraits :

 

 

 

 

Si tu avais été là, ce soir et les soirs précédents, si tu avais été là, aujourd’hui et les jours précédents, je t’aurais raconté des souvenirs de nous…. Tu sais ? le taxi en Provence, le train du retour, moi dans le mauvais sens, toi fonçant sous la pluie malgré ta vision plus que mauvaise. Je t’aurais raconté ce geste, que tu as eu quand le pin a laissé tomber une goutte collante sur ton pare-brise…le geste d’un de l’Est, comme cet autre avec un tamaris fleuri en mai…une voiture bleue aussi.

Je t’aurais raconté l’image que j’ai eu devant les yeux et la manière dont je sais aujourd’hui qu’elle ne devait rien au hasard. Appuyé contre ta voiture, les jambes croisées dans un attitude faussement nonchalante. Je t’aurais raconté le choc quand je me suis élancée vers toi, mon étonnement contre ce corps décharné.

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Je t’aurais raconté le fou-rire dans les lits, non pas jumeaux mais jumelés. Je t’aurais dit cette première fois où mon cerveau m’a dit : »non pas lui » ! Je t’aurais raconté pourquoi, moi si attachée à mes libertés j’ai accepté de ne pas me montrer autrement que comme tu voulais me voir. Cheveux tirés en arrière et chemise de nuit me convenaient, toi tu me voulais nue à tes côtés. Je t’aurais raconté l’incrédulité de mes doigts, là où tu aurais du avoir des fesses…il n’y avait rien ! Et mes doigts étonnés, d’interroger mon cerveau : il s’assied sur quoi ?

Je t’aurais raconté le mac do puisque nous avions laissé passé l’heure des vrais restaurants. Je t’aurais raconté, une bouteille de vin blanc…à goûter absolument ! Et mon cerveau qui me dit : le vin blanc pas frais…beurk !

On aurait croisé nos souvenirs, tu m’aurais dit, ma jupe, mes bottes, mes tresses, mon ventre, mes seins, mes fesses peut-être ! Et puis le restaurant, le jour d’après. Les clients étonnés : un qui boite et une noire !

Je ferais vivre nos sourires, tes yeux et cette impression d’irréel qui était la mienne après les échanges épistolaires que nous avions entretenus. J’aurais évoqué les « après » : Ma première fois chez toi : on entre par le garage, puis la réserve…autant dire par l’arrière de la maison qui est restée ouverte ! Tu es fier de me monter ce que tu as réalisé de tes mains. Tu es pressé aussi de me culbuter. Moi, ta main où j’ai glissé la mienne me suffit. Nos baisers me suffisent. Je suis bien, je suis mal à l’aise aussi. J’ai envie de dormir. Une journée en train et des sentiments nouveaux me bouleversent, me fatiguent. Dès ce premier séjour chez toi, je te colle ! rassurée uniquement quand je suis dans ton ombre, dans ton creux. Si je m’éloigne, parce que ma présence siamoise te pèse, surgissent des fantômes qui ont vécu avec toi, qui ont traversé cet endroit et y ont laissé des traces. Collée à toi, dans ton odeur au moins je sais pour qui je suis là.

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Tu me proposes un apéro pour dix ! Je proteste mollement mais je suis fière, car tu as du rhum de chez moi ! Quelle sotte ! Quel manque de jugeote que de te croire sur parole quand tu balaies d’une phrase anodine ton « passé » d’alcoolique.

Tu es fier du repas que tu m’as préparé, tu guettes le moindre battement de cil, la moindre approbation. Je mange, j’ai l’estomac noué, je ne sais pas te dire que manger, c’est bon mais ça n’est pas ma préoccupation essentielle !

Tu tournes le dos pour prendre des médicaments, je reconnais des boites vues chez mon beau-père. Je ne te demande rien. Tu me diras par la suite que ce sont des régulateurs d’humeur. Nos premières nuits sont belles. Tu me fais honneur. Je me dis que peu c’est bien, si je suis en quête de qualité. Tu veux savoir si et ce que j’apprécie de tes assauts…Ne pas blesser, flatter plutôt, voilà ce que je me dis et je me veux rassurante dans des propos qui doivent traduire ma satisfaction…mais tu me trouves insatiable ! Comment te dire que tu m’amènes près du plaisir, tout près, mais que le feu d’artifice sans bouquet final n’est pas totalement réussi.

Je suis une cérébrale alors je me jette sur nos échanges « intellectuels », tu as écrit des km de choses…tu m’en lis quelques extraits. Des livres écartelés indiquent que tu aimes lire. Plus tard, beaucoup plus tard, je verrais que tu tournes en rond dans tes choix, ton argumentation et que ton ouverture n’est que relative. Beaucoup plus tard encore, je verrais que tu te cites toi-même, que tu t’écoutes parler.

Quand tu m’as coupé la parole au début, j’ai mis cela sur le compte de l’empressement à dire, à me dire . Je m’étais trompée, il s’agissait que tu dises ! Pas d’échanges ou de discussions.

Si tu avais été là les jours et les nuits précédents… je n’aurais pas tout dit. J’aurais évoqué le manque de toi, la douleur de la perte, l’écho de ta voix, le doux de ta peau, le suave de tes mots. J’aurais évoqué trois ans en dents de scie, trois ans d’espoirs, trois ans où j’ai bâti des ponts jusqu’à toi. Trois ans où j’ai appris à me résigner à n’avoir qu’un handicapé ! Trois ans où je me suis préparée à l’éloignement de ce que j’ai de plus cher au monde. Je t’aurais dit que malgré l’affront, malgré la haine, malgré la rancoeur, quand je me lève c’est toi que je salue en premier, quand je me couche c’est vers toi que vont mes dernières pensées.

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Lorsque je vois un livre, un film, une voiture, un camion, une expo…c’est avec toi que je veux en partager la primeur. Quand je me promène, c’est à ton rythme que je me surprends à avancer. Quand …tu as compris je pense que, rien de tes travers, ni la maladie que j’exècre, ni ta personnalité perverse ne parvient à me détourner de toi. Tu es devenu référence incontournable, c’est de toi que je parle avec tous ceux dont les bras se sont tendus pour que je t’oublie. Je dois apprendre à oublier pour reprendre mon chemin de vie. Je ne compte pas pour toi, même cela, ne me fait pas décrocher… On n’a pas les mêmes mœurs, on n’a pas les mêmes rêves, on n’a pas les mêmes espoirs… Notre rencontre a été une erreur monumentale !

J’ai envoyé ça, à quelqu’un qui en devenant dépositaire me libère d’une sorte de chagrin…pour qu’un autre aille lire par dessus son épaule.

5 décembre, 2009

Réflexions même pas philosophiques

Classé dans : amours,bavardages,chronique,citations,humeurs,livres,philo,reflexions,societe — kinkajouunblogfr @ 17:48

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Seule et déçue. On pourrait dire que je me sentirais beaucoup mieux si j’arrivais à me sentir moins bien quand je vais mal…

J’envie cette légèreté à couper le souffle que montrent certains et ça peut paraître risible. Mais ce serait oublier une fois pour toutes, ce qui entrave mon quotidien.

Je suis, ainsi qu’un intellectuel paré des plus hautes distinctions académiques, éloignée d’une quiétude à laquelle j’aspire.

Du coup, il  y en a qui se demandent si je ne fais pas partie de ces gens qui se délectent de leurs soucis, qui se complaisent dans la description de leurs problèmes ne faisant qu’en parler sans rien proposer comme solution…Un jour j’aurais atteint le degré de déréliction et de superficialité nécessaire pour « apprécier » ces jugements.  J’arriverais peut-être même à renoncer à mes propres exigences.

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Il y a un livre qui s’intitule Les pathologies de la liberté ! écrit par Peter Sloterdijk, j’irais faire un tour pour voir si je ne suis pas atteinte d’un de ces trucs !

Pour l’instant, je n’ai pas lu le livre et je me dis qu’on pourrait s’autoriser à penser que ces personnes qui se complaisent et bla et bla… cherchent en vain des solutions et ne sont pas douées pour en trouver !

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J’envie ceux qui détectent les signes qui font penser qu’on se complait dans ses problèmes. Peut-être que ceux qui ont des problèmes ne servent qu’à rassurer les autres…ceux qui pensent ne pas en avoir, soit qu’ils les taisent, soit qu’ils les contournent, soient qu’ils les nient.

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C’est comme cette assertion qu’on balance à tout bout de champ : ne prendre ou ne voir que le positif ! Et quand le reste vous mine, c’est quoi la solution ?

C’est vrai que je pose un regard en coin sur moi tout le temps pour vérifier si mes larmes, mes peines, mes chagrins, mes joies sont vraies : se poser trop de questions ça s’appelle parait-il !

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Ce qui me fait défaut, c’est quelque chose du quotidien…la routine, une que je créerais pour les vingt prochaines années. Une relation de couple, une vraie ! Je dois avoir besoin de ça pour me définir. C’est à ça que doit me servir un couple (servir, c’est pas le bon mot, j’ai perdu l’autre).tseuletmal.jpg

Me rendre au boulot, c’est mon bol d’air, mais ai-je le droit de dire que j’y fais une pause ?

Sinon toute ma personne est une insulte, alors que j’aime les femmes dont l’apparence clame : « Regardez-moi, regardez ce que j’ai à offrir », tout en moi semble dire « Je me fous de ce que vous pensez, je ne vous vois même pas ! « 

sacontrebasse.jpgJ’ai envie qu’on me prenne dans les bras, qu’on me console et qu’on me fasse des compliments. Personne ne le fait jamais de ceux qui m’intéressent, j’ai en revanche un abonnement auprès des damnés de la terre qui feraient bien un tour de noire pour pas un rond.

Je suis désynchronisée, en pleine interrogation sur ce que je suis. Je fais de ce fait, mémoire de tout. Ma réponse sur mon identité est culturelle et affective. Comment expliquer cette soit disant passion à me dénigrer (c’est que que disent certains de mes observateurs)?

D’abord je crois que je suis atteinte d’une forme d’égotisme, un plaisir à me regarder, y compris avec dégoût. Pareil pour le refus de regarder l’autre, de regarder l’avenir. Et puis, c’est une manière d’éviter que les autres jugent à ma place.

J’ai eu le sentiment d’avoir été au centre du monde, dans un amour enfui, et  imaginer que son monde se passe de moi dorénavant est d’une violence extrême. Je me dis parfois que l’histoire n’est pas finie, que je n’ai pas eu tous les essais auxquels j’avais droit mais j’ai du mal  à admettre que désormais elle se fait sans moi. Être déclassée, c’est de cela que j’avais peur, mais c’est arrivé.

Je livrais un combat entre la vitesse et la durée, et je crois que la durée a perdu.

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2 décembre, 2009

Tracer la route

Classé dans : amours,bavardages,chronique,citations,humeurs,philo,reflexions,societe — kinkajouunblogfr @ 23:33

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bibliothque.jpgÇa finit comme ça a commencé : à l’écrit !

Il y a des mots que je sais dire mais que je ne dis pas. Il y a des mots que j’écris et qui  parfois font de la peine. 

Il y a des mots que je tairais à jamais car ils m’appartiennent, et que je ne partagerais même pas avec ceux qui me les ont inspirés. Et puis, il y a ces mots que j’ai pu adresser et que je rends publics pour exorciser leur effet sur moi. C’est de la lâcheté sans doute que de ne pas les laisser agir à huis clos.

Il y a des mots, qui m’ont été offerts, que j’étais disposée à accepter,mais mon coeur a refusé de suivre. Je pourrais en être désolée, il n’en n’est rien !

Je fais le constat que la voix, le ton employés pour me parler ont confirmé mon ressenti : quand les attentes sont éloignées, qu’est-ce qui peux venir combler le fossé ? Est-il utile de le combler  d’ailleurs ?

Si tu dis que je compte déjà beaucoup pour toi …que tu as envie de moi…que tu aimerais bien m’honorer, tu supposes la réciproque. Sais-tu comment je reçois ces mots ? Sais-tu ce que j’attends de la relation avec celui qui serait mon mec ? Sais-tu que je ne suis pas prête à rogner sur mes envies,et mes rêves, c’est tout ce que j’ai !  Que je ne le ferais pas, même si j’étais amoureuse ?

Sais-tu ce que j’entends quand tu me parles de ta vie, des tes amies à qui tu parles ou non de moi ? Sais-tu l’écho, les souvenirs, les renoncements, les trahisons ? Je sais mentir, mais je n’en n’ai pas envie. J’ai encore des douleurs anciennes qui pleurent en dedans…J’ai peur que la route s’achève  par trop de bavardages, trop de monotonie en perspective.

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Je ne tiens pas à faire semblant d’être amoureuse, je ne serais pas crédible, et puis ça ne servirait à rien. Les gestes de tendresse que j’ai pu avoir ont toujours été sincères, tendres, mais pas amoureux…

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Ça me convient de savoir qu’il n’y aura pas de suite à certains « nous » malgré l’intensité des instants partagés. L’amour se conjugue au moins à deux ! Quand l’un est amoureux, l’autre pas et quand l’autre c’est moi, je comprends que l’on n’y peut rien, et que c’est ainsi !

La plupart des gens savent retomber sur leurs pattes, moi j’ai un sacré problème avec les séparations…toutes mêmes les plus banales. Elles n’ouvrent jamais sur le bonheur !

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