Plurielle

D’abord humain

27 août, 2009

De la poésie au cauchemar

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« Chaque fois que vous aurez fait cela à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’aurez fait. »

J’ai entendu cette phrase toute mon enfance. Elle m’incitait à rendre service, à dépasser mes peurs ou mes dégoûts pour venir en aide à ceux que je pensais plus démunis que moi.

Ça a bien marché : je suis éducatrice spécialisée, même si je ne vise aucun paradis.

Ça a bien marché puisque j’ai surmonté mes aversions pour aimer passionnément, un chauve, alcoolique, chauvin et handicapé. Quand je le « racontais » à mes proches, tous me conseillaient d’aller voir ailleurs. Ces conseils, toujours malvenus me faisaient fulminer. Pourquoi il ne mériterait pas d’être aimé ?

Il n’était pas que cela, je ne racontais que ce qui me semblait poser problème puisque, la preuve, il savait aussi être attentionné, prévenant, on prenait plaisir à se rencontrer sur le plan des pensées etc, etc….

J’étais incapable de voir au delà de la carapace et des bons moments, l’homme dans sa banalité et ses bassesses. Étonnant car c’est de moi que mes proches tenaient les informations le concernant. Je n’allais quand même pas lui enlever mon amour !

J’aurais dû car il n’a pas pas hésité à me trouvé trop lourde (au sens propre et au sens figuré) pour cheminer à ses côtés.

 

 

 

 

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Quand le cynisme et la mauvaise foi m’ont jetés à terre me foulant aux pieds…le petit nuage cligna un oeil malicieux : je t’avais prévenu !
Comment croire à ces présages quand on était il y a peu confortablement installé dans les bras de l’aimé ?

Malgré l’évidence, j’en suis encore toute chamboulée.

S’écoule doucement
le coeur d’entre les cils
s’enroule lentement
le fil

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J’ai décrypté trop tard ce  profil particulier :« Je n’aime pas cette idée d’être la moitié de l’autre qui a la prétention d’être dans le don parce qu’elle me laisse l’autre moitié pour moi. Et puis quoi ?

Et l’autre vous aime, voudrait être utile, ça lui permet d’exister, de se sentir vivant … C’est du vide. C’est odieux.

Lutter contre sa propre violence, rencontre majeure, rien n’est aussi précaire que vivre, vivre à deux. »

 

J’aurais dû sentir  le souffle fétide du vent qui avait tourné :

« Je griffonne, souffle – ou mieux – soupire, rature, je n’arrive pas à écrire, j’ai juste une larme inutile qui me flagelle la commissure des lèvres, l’œil arrêté sur la nature de mes pensées.
J’illustre les voyages aux tréfonds des non-dits, bien au-delà des rideaux de certitudes.
Je continue à m’affranchir de la bêtise humaine, de la malbouffe, de la femme des autres, de la petite lucarne, du sens du vent, des besoins matériels, malgré tout je vais changer d’entonnoir et survoler des lignes qui me semblent plus puissantes, plus racées.
« 

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Ma réponse est parvenue après l’outrage, trop tard donc :

 

Affranchis-toi de la femme des autres, c’est difficile ou non ? Quand on est coucou donc voleur ! Mais essayer c’est bien.Tu incarnes la bêtise humaine, tu n’en seras donc jamais débarrassé, garde ton entonnoir, il te va si bien ! Les lignes puissantes et racées tu ne pourras jamais les atteindre. Tu n’as pas d’envergure.
Sans rancune.

C’est faux d’avoir écrit, « sans rancune », à ce moment-là, je n’étais que rancune ! J’aurais voulu rétablir la loi du Talion..

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Il ne me reste plus qu’à rassembler mes hardes et me décider enfin à ne plus laisser un autre battre en brèche mon estime de moi.

Je vais devoir me trouver des soirées salsa, zouk ou compas pour me faire plaisir. La rentrée prochaine y sera propice.img3748.jpg

2 réponses à “De la poésie au cauchemar”

  1. Bérénice dit :

    Bien eu ton commentaire Myel. Je le garde pour moi seule, si tu le veux bien.
    Je comprends un peu ta peine en lisant ceci… j’aimerais tant t’aider… mais le puis je seulement ?

  2. simboubou dit :

    Je viens de faire connaissance avec ton blog, kinka aussi !! WAOUH !
    Vive les quinquas libres dans leur tête et dans leur corps !
    Malgré les coups de griffes, ON les aime ces mecs qui nous font souffrir mais qui nous donnent aussi tant de joies et de plaisir de sens !! ENFIN, ceux, les rares qui savent encore être à l’écoute de nous !
    La lecture de tes écrits a ensoleillé ma triste journée.
    Continue…

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