Plurielle

D’abord humain

28 juin, 2009

Complices

Classé dans : bavardages — kinkajouunblogfr @ 20:18

auborddulit.jpgOn a assisté à ce vernissage, couleur d’oiseaux des forêts amazoniennes, parfums de nez, tissus chatoyants apéritif dînatoire sous forme de tapas et vérines, et médiocrité sur les murs. Quelques sourires, quelques politesses échangées là où on aurait plutôt envie de lancer des grossièretés à réveiller un mort. On s’en va enfin…On s’arrête chez une amie afin de dissiper ce mécontentement qui nous accompagne. Elle a le cafard depuis quelque temps, ça la réconfortera sans doute de nous voir.

 

Après un petit verre et quelques mots échangés, elle s’en va vers sa chambre et annonce de loin, d’une voix étouffée qu’elle revient vite. On se regarde, on s’interroge. Tu la connais mieux que moi, je te suggère d’aller la voir, de plus je ne suis pas douée pour rassurer les gens. Tu me dis d’y aller, elle est en déficit affectif, il n’y aura pas d’équivoque, je suis femme aussi  je trouverais les mots. Bon j’y vais.mamain.jpg

 

Peu sûre de moi, j’entrouve légèrement la porte qu’elle avait repoussé derrière elle. Elle est assise, ou plutôt recroquevillée au pied du lit, la tête au creux des mains. Son corps se soulève à intervalles réguliers. Elle ne m’a pas entendu arriver. Je m’assieds à côté d’elle, je la prends par l’épaule et l’attire vers moi, comme je ferais pour un enfant. Elle continue de pleurer lentement, en silence. Comme si je n’étais pas là. Je ne dis rien. Je lui chanterais bien une chanson pour l’apaiser , mais l’idée est ridicule. Je me tais. J’essaye d’adapter ma respiration à la sienne. Je tente doucement de lui parler pour la faire parler. Ses mots sortent en vrac. Je lui dit IKEA, ça la fait rire malgré ses larmes. Tout n’es pas perdu…On dirait un bébé géant ! Avec un tout petit filet de voix, elle raconte, leur rencontre le crescendo de leur amour et la rupture : inhumaine, brutale, imprévisible. Enfin tout ce qu’on dit dans ces cas-là ! J’entends son coeur qui bat en la tenant contre moi. Sa cage thoracique est maigre, elle est décharnée, comme un oisillon. Toi, tu devais lui réparer un mur en placo, et les bruits que j’entends m’indiquent que tu as commencé…malgré l’heure ! Elle s’apaise enfin et comme peu à peu elle cesse de pleurer, c’est tout naturellement qu’on monte vers la salle de bains. Un rafraîchissement s’impose ! Je suis debout près d’elle et quand elle baisse la tête au dessus du lavabo, je lui retiens machinalement les cheveux. Elle se frotte vigoureusement le visage reprend des couleurs et vient me faire un baiser mouillé.meslvres1.jpg Je ne m’y attendais pas et dans le mouvement que je fais, je lui présente mes lèvres. Mon rire n’a pas le temps de s’épanouir car une de ses mains vient confirmer ce baiser. Le geste est sans ambiguïté et le deuxième baiser est déjà plus appuyé. Elle me prend par la main et on se se dirige vers l’une des chambres contiguë à la salle de bains. La découverte est totale,nos mains se cherchent, découvrent les creux et les bosses. Tout cela se fait naturellement et s’accompagne d’une grande douceur. Pas besoin d’expliquer ou de guider l’autre. Chacune est semble t’il concentrée sur le plaisir de l’autre mais en référence à son propre plaisir. Là, le velouté de sa peau, ici le relief de la mienne.Érectile, ça veut dire qui se hérisse ? Certains pores réagissent à ces longs effleurements.piedetmain.jpg D’autres provoquent des turgescences mammaires. Elle en est friande ! C’est amusant de la voir se trémousser et se blottir contre moi. J’éloigne ses mains quand elles s’aventurent trop loin. Elle n’insiste pas, mais revient après quelques frôlements drôlement excitants sur ma nuque ou mon ventre. Feulements ou jappements, on émet des sons étranges…Une tentation en amène une autre, mais par où commencer ? Elle trouve mes jambes immensément longues, je trouve ses seins lourds et quasi translucides d’une grande fermeté. On fait une étude comparative de nos fessier respectifs : pareils et différents…On s’amuse et on glousse. Ces contacts sont dénués de rivalité : personne n’a besoin de dominer personne et nul besoin de contrat d’exclusivité, la réciprocité de nos échanges se suffit à elle-même. On s’amuse comme des gosses. Nos corps sécrètent un suc odorant et onctueux. Nos langues s’égarent, apprennent à se connaître presque naturellement puis s’aventurent sur la peau, sentinelle des émotions. L’humidité produite par nos corps en mouvement s’évapore aussi vite qu’elle apparait. Ces moments sont vécus comme au travers d’un filtre. Contrairement à moi, elle n’a pas de réserve de graisse et je compte ses os sans effort. Nos murmures se mélangent et la découverte continue. De temps en temps, on s’arrête puis la curiosité reprend le dessus.

 

Quand je te vois passer la porte, je ferme les yeux. Tu te glisses entre nous et fais en sorte que chacune profite de ce corps de mâle offert et gourmand.Les corps s’emmêlent, communiquent exaltés par des caresses dispensées à bon escient.Les mots ne sont pas utiles, la pénombre nous permet d’apprécier les corps sans recherche excessive et sans acrobaties. Quand chacun a assouvi ses envies de l’autre on se retrouve enlacés en travers du lit. Une seule question : qui prend sa douche en premier ?

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27 juin, 2009

C’est pas ça la vie

Classé dans : amours,antilles,bavardages,chronique,humeurs,philo,reflexions,societe — kinkajouunblogfr @ 1:31

Trop près de moi, je ne comprends rien. Trop loin de moi, je ne ressens rien. J’ai commencé à écrire sur ce blog pour tenter de relier ma vie à un axe. En proposant celui-ci à la lecture et sans espérer vraiment toutes mes réponses, je souhaitais  trouver de quoi alimenter mes réflexions sur le sens de décisions que je prenais ou que j’avais prises. Je pensais alimenter par ce biais mon débat intérieur, persuadée malgré tout qu’il n’intéressait que moi.Sur ce dernier point, je ne me suis pas trompée. Mes petits ou gros bobos n’impactent que moi. La première personne du singulier est toujours nombriliste.dsc08506.jpg On prête l’oreille ou une attention plus ou moins attentive au Je/Jeu de l’autre quand son altérité fait écho en nous, et on continue, chacun sa route ! Nous voilà bien avancés de savoir que l’autre pense ou non comme nous ! Que je l’accepte ou non, je préfère être reconnue dans le regard que l’autre porte sur moi. Mais, comme je ne veux pas dépendre de la façon dont il me définit ou me perçoit, la distance créée par le blog me semblait un moyen terme. Je constate ce que je supposais : Chacun est le sujet de son propre discours et ne va que vers celui qui lui fait écho, moi comme les autres évidemment. La seconde constatation est que le blog crée le même type de rapport que dans les relations interpersonnelles plus classiques : certaines de type amical, d’autres sans aménité, beaucoup d’indifférence. Et là comme dans la vraie vie, les convenances sociales sont très marquées. Politesse et ronds de jambes, je t’apprécie, tu m’aimes bien !

Quand les gens sont trop près de moi, je ne comprends rien, ils brouillent ma perception. Quand ils sont loin, je ne ressens rien. Dans ces deux situations  ma relation est polluée  par les signaux affectifs ou affectueux ou exempte de ces signaux. La vie c’est peut-être le pont entre ces deux modes relationnels. Finalement, le blog n’étant qu’un support de réflexion personnel, je devrais le considérer comme tel et non point comme un forum où les sujets qui ne touchent que moi seraient éventuellement commentés par d’autres à l’aune d’une expérience qui ne se superposera jamais à la mienne (et c’est bien ainsi). Ma vie c’est les bobos du quotidien et les plaies qui cicatrisent, mon blog, une sorte de bloc-notes pour me souvenir de ne pas oublier de garder mes distances.

 

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25 juin, 2009

Aucune vocation à être des Tanguy

Famille moyenne, classe moyenne et tous ces qualificatifs utilisés socialement pour décrire ou définir, ceux du milieu. Les enfants de ceux du milieu souffrent !

En oubliant les sinistres qui se servent de toutes les failles pour faire se dresser les uns contre les autres, j’observe et tente de comprendre au delà de mes échecs, ce qui dans l’organisation sociale n’a pas fonctionné. Loin d’être théoricienne et n’ayant pas ces prétentions ce sont les éléments fournis par mon quotidien que je tente de décrypter et de relier à un système plus vaste.son.jpg

Il parait que les fonctionnaires sont des nantis, des planqués et que sais-je encore…je n’ai pas le temps d’approfondir, trop occupée que je suis à surveiller la pendule pour ne pas être en retard deux fois dans la même journée… Mais trêve de conneries. Je suis fonctionnaire comme je suis française, c’est à dire, en seconde intention, j’ai d’abord trois métiers. Je n’en exerce qu’un , justement parce que je suis fonctionnaire et que la loi qui me veut du bien m’encadre bien afin que je ne sois pas riche d’un deuxième revenu vu les sommes mirobolantes que je perçois sur le dos de mes concitoyens. Et ces sommes-là, sont « pensées »(je doute de la pertinence du mot) par un ou plusieurs cerveaux qui réunis ensemble s’appellent technocrates. Tout est pensé donc au demi euros près. Je suis dans la moyenne, donc et je n’en percevais pas trop l’amertume quand mes enfants étaient plus jeunes : une sorte de solidarité spontanée entre gens du milieu faisait tourner les habits, certains jeux et du menu matériel à usage de ces têtes qui chez moi n’ont jamais été blondes. Moyens, jusque dans les affections et pathologies, un, non, deux, non, trois asthmes sur une famille de six : c’est une bonne moyenne mais pas d’asthme qui engage le pronostic vital à court terme, qui vous fait dormir appareillé ou cause des apnées du sommeil. Juste de quoi enquiquiner, mais régulièrement par une petite crise de derrière les fagots. Quelques besoins en lunettes parci, parlà , des rééducations en orthophonie, en orthodontie : toujours dans la moyenne 3/6. On ne tient aucun compte de la morphologie des géniteurs, au XXè siècle les enfants de France, je ne sais pas pour la Navarre doivent avoir les dents alignés comme dans les livres des apprentis-carabins, parler comme les animateurs télé avec la bouche en cul de poule et décoller la langue même pendant le sommeil selon les recommandations de la faculté. Les coûts…moyennement élevés en fonction des praticiens , mais dixit ceux-là même, dans la moyenne haute ! Nooon, la mutuelle ne rembourse pas tout…on n’avait qu’à calculer le coût moyen en soin pour un enfant avant de le mettre au monde. Et puis vous savez, madame, les dépassements d’honoraires sont le gage de la qualité d’un bon praticien ! J’y ai cru jusqu’à ce que j’ai vu ma fille se tordre de douleur après une ablation simultanée de deux molaires en ambulatoire. Le praticien de qualité devait partir en bateau aux antipodes !  Le même n’ayant pas jugé utile de prévenir sur la nécessité de codifier certains actes avant les 12 ans de cette chère tête toujours pas blonde, huit ans plus tard, nous voilà payant le prix fort en complément de soins commencés dans la période bénie de l’enfance.  Un p’tit détour par une orientation inutile car inappropriée chez une orthophoniste qui a eu le bon réflexe au bout de neuf mois de reconnaitre que là, c’était du domaine du psychomotricien. Curieux, c’est ce que j’avais préconisé au médecin de famille deux ans plus tôt pour m’entendre dire, »vous n’y pensez pas, il court comme un lapin et est souple comme un singe ! il faut qu’il se bouge un peu ». Il avait des années d’études et d’expériences, peut-être avait-il raison ! Ben non, il avait tort mais on n’accède à un psychomotricien qu’avec une ordonnance, même si les soins prodigués ne sont pas remboursés. Encore un tour par la mutuelle…vous n’y pensez pas ! avec vos revenus vous n’aurez  droit à aucune aide prévue. Nous étions en « francs »et une centaine de ces francs (les revoilà les technocrates)nous éloignaient du barème !20090620festumsaintbrs080.jpg

Sapristi, les années ont passé et j’empile les infos, je l’observe ce gosse et je me renseigne. Vous connaissez vous les dysphasies, les dysgraphies, les dysorthographies,  leurs conséquences et leurs effets au quotidien ? Ça vous handicape partout : la lenteur d’exécution dans les tâches, les mots qui arrivent tous en même temps. Une désorganisation au quotidien tout en dysharmonie. Les remarques désobligeantes des uns et des autres, les conseils déplacés, les avis péremptoires etc…allez donc vous construire socialement avec ce truc qui n’est pas nommé. Vous découvrez quand vous avez 20 ans que ce faisceau d’indicateurs auraient dû alerter d’autres que votre mère, mais que  étant dans la moyenne, ayant mis en place quelques aménagements pour compenser vous n’attiriez pas l’attention, alors vogue la galère ! Arrivons au moment où vous souhaitez passer votre permis auto, ah non le permis à 1 €/jour, vous ne remplissez pas les critères et puis notre banque ne le finance plus depuis un an. Vous installer de manière autonome, les revenus moyens de vos parents font de vous des pas-aidables, donc pas de bourse d’étude, plein tarif en cité universitaire( comme les colos avant), pas le bénéfice de la réduction pour famille nombreuse dans le transport ferroviaire au moment où vous le découvrez pour des transports autonomes. Quand à louer un appartement autonome, les revenus moyens des parents sont un frein dans n’importe quelle agence immobilière : trop moyens ! Et comme vous êtes trois jeunes adultes en même temps, ben va encore falloir cohabiter dans la maison familiale. Vos projets d’études ne doivent pas être trop onéreux, mais trop ça veut dire quoi déjà ?

Tanguy, ce n’est ni un choix ni une vocation. Ça crée des tensions parmi des gens qui s’entendaient bien. Ça crée des impatiences, des insatisfactions, des brimades et des pans de vie incommunicables ! C’est un fait social qui maintient dans le giron familial des gens qui ont eu la malchance d’être nés au milieu de la classe moyenne dans ce siècle là et qui pour s’en évader doivent inventer des solutions tordues ou/ et insatisfaisantes.

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