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D'abord humain

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5 septembre, 2008

Pêle-mêle

J’aimerais faire la somme de mes erreurs et de mes contradictions, j’aimerais pouvoir les comparer avec ce que je suis au quotidien, j’aimerais écrire tout cela mais je n’y parviens pas, mais c’est ce but que j’aimerais atteindre. Faire la somme des erreurs et des contradictions puis arriver finalement aux bons choix qui découlent quelquefois de ces erreurs et de ces contradictions.

J’aimerais retrouver la mémoire des sentiers, des parcours physiques, La Démarche = démarche, lieu ! Fond Bourlet, tous ces endroits qui ont fait ce que je suis aujourd’hui, qui m’ont laissé des traces, des souvenirs, des souffrances, des joies et qui m’ont laissé presque intacts des souvenirs quasiment tactiles de plaisirs ressentis dans l’enfance et que je n’ai jamais retrouvés depuis. De plaisirs, de contacts, d’odeurs, de senteurs, des plaisirs de cartes postales. Des plaisirs du beau. J’aimerais revisiter tous ces souvenirs, je ne veux les revivre que par les sensations éprouvées jadis, pas en faire un pèlerinage mais le mettre en juxtaposition avec les lieux d’aujourd’hui que sont devenus ces endroits.

Des lieux, des gens, m’ont aidé à me façonner. Des lieux m’ont façonnés, des gens m’ont façonnés. Je crois avoir choisi de me faire d’une autre façon ou d’une certaine façon. C’est l’histoire de façonnages, de tissages de créations ayant abouti à une création du moi,  non pas narcissique, une naissance du moi dont je prends connaissance et conscience progressivement et, un peu tardivement. J’ai décidé il y a peu de me construire pour moi, ne sachant même pas ce que ces termes recouvraient, mais j’y tiens.

Construction difficile s’il en est aujourd’hui où, heureuse dans le cadre (géographique) de mon île, je renonce consciemment à y vivre, à porter, à embrasser, à endosser toutes les contradictions que cette île renferme. Je suis saignée de l’intérieur quand je vois la jeunesse se détériorer, quand je vois les vieux partir en déliquescence. Quand j’observe le manque de repère, le peu de repères, de cadres…les ruines du cadre. Tout n’est pas que ruines, il reste quelques vieillards, vieux arbres séculaires, fonds de bibliothèques qui pérorent à huis-clos, faisant l’écho à un temps passé. À leurs côtés les forces vives, occupées à critiquer ce qui vient de l’en-France, de la France tout en profitant jusqu’à la moelle de cette manne délivrée avec parcimonie voir avec répugnance mais délivrée tout de même, qui leur permet de vivre, qui leur permet de dégoiser, de pérorer, de briller en société au sein de la caraïbe où ils sont traités en petits français.Ceux-là même refusent ce que la France représente. Parmi ces gens, certains ont fait le choix(!) d’être martiniquais et se réclament de la nation Martinique , du peuple de Martinique!!! Que font-ils de ce que la nation à laquelle ils appartiennent leur donne, leur transfère ? Se posent-ils la question de la pérennité de ces transferts (pas seulement financiers) quand ils rejettent la « faute » sur ceux qui, entre deux mers, un pied ici, un pied là-bas essayent tant bien que mal, d’accepter de vivre dans leur chair, ce déchirement cette dualité, qui comme toute dualité est blessure, souffrances… mais aussi plaisir, joies, chagrins, partage.

Une société m’avait-on dit « nonchalante »où le stress n’existe pas ! Au bout de presque deux mois dans cette île qui m’a vue naître, je constate qu’il n’existe pas à la Martinique cette nonchalance que laisse voir la carte postale, le cadre donc ! Cette nonchalance n’est qu’apparence, les valeurs sont malmenées. Le prix de la vie est bafoué, le sens du beau est dévoyé. Jeunes immondes de grosseur, de gras qui au fil des années se sont laissés aller à accepter comme tolérable un inesthétique corps offert aux yeux de tous, offert aux regards salaces, aux regards vicieux, aux regards dégoutés, sans honte, sans pudeur qui gardent malgré tout un sens du cynisme, de la critique, de l’invective et de la répartie malpropre. La prétendue nonchalance est pour qui ferme les yeux, pour qui tourne le dos. Je ne sais ni fermer les yeux, ni tourner le dos. J’ai renoncé à vomir, parfois l’envie m’en prend. J’essaye de construire au moins par la pensée. Chacun fait avec ce qu’il possède,  et si je dois être « traitée » de poète, la poésie embellit ce qui est laid et permet de faire l’effort de continuer à avancer.

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« La vie n’est pas que noire et déprimante. Les êtres humains sont ainsi faits qu’ils cherchent et trouvent des raisons de rire et de se réjouir en toutes circonstances. » T. Todorov

Boulot

ça y est ! J’ai repris mon poste ! Enfin ce qui en reste. Les quelques jours que j’y avais passé en juin m’avaient laissé une impression étrange. Il m’avait semblé retrouver une maison vide mais qu’il fallait habiter quand même. Ou encore des habits inadaptés à ma corpulence, ni trop grands ni trop étroits, simplement inadéquats. Je ne vous raconte pas ma reprise entre les questionnements sur mes vacances ( c’est d’un banal) et la gestion administrative. Il est vrai que mes vacances faisaient suite à une très longue période d’arrêt de travail et que pour certains je poursuivais une sorte de longue villégiature.

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La première journée a passé très vite : prise de connaissance des différentes modifications intervenues dans le service. Mise en place du calendrier de mes interventions et répartitions des tâches entre ma collègue et moi. En coup de vent la responsable du service m’a dit qu’on devra se prendre quelques minutes pour parler : à vos ordres chef !

Deuxième jour : coup de fil de ma collègue qui aurait un pneu crevé…CQFD : je dois la remplacer ! Évidemment ! Nous ne sommes que deux à faire ce travail, mais contrariée la veille par la chef, son pneu a crevé juste quand il fallait. Bref, comme je suis payée de toute façon, je l’ai faite cette réunion et tant pis si je ne maîtrisais pas les outils…l’appétit vient en mangeant et je m’en suis très bien sortie.

Troisième jour (promis après j’arrête), l’entrevue avec la chef de service où elle confirme mon ressenti. Le service revoit son fonctionnement. Il y aura moins de place pour l’éducatif au profit de l’administratif. ça ressemble à une marche forcée vers une productivité à peine déguisée : ne rien faire, mais l’analyser. Et puis me dit-elle en substance,  »qui peut le plus, peut le moins » ! Je reste sur mes compétences et j’irai les mettre à disposition là où elles seront utiles en refusant d’être utilisée en bouche-trou en attendant… Heureusement que je continue mes recherches. Je n’ai que des pistes et je ne recherche pas l’autoroute, juste une cohérence entre mes savoirs faire, la personne que je suis et le travail que j’effectue. Si j’avais vocation à devenir secrétaire ou gestionnaire c’est un choix que j’aurais effectué il y a bien longtemps, il n’en est rien et je n’ai plus assez de souplesse pour accéder aux demandes des autres, fussent-ils des supérieurs hiérarchiques si je ne m’y retrouve pas. J’ai le week-end pour prendre du recul, je vais en profiter. Si j’étais inscrite à l’ANPE, j’aurais été radiée sur le champ, non ?

 

2 septembre, 2008

Une sorte de nostalgie

Il parait que « nous aimons vivre en sourdine » …en un certain sens, j’ai choisi la facilité. Je me suis éloignée de l’île matrice qui m’habite jusqu’à l’hallucination. Je vis loin d’elle en sourdine et crie en mon for intérieur, en silence, mon désir de briller pour elle. Mais il n’est pas question d’une collectivité ou d’un groupe humain. Je m’intéresse aux gens ordinaires de cette île. A ce qui se passe concrètement dans leur vie. J’essaye de voir en quoi certains me ressemblent. J’essaye de lire ce qui se passe dans leur vie. Je ne prône ni la paix, ni la justice ni l’égalité. Car sur cette île, comme sur d’autres peut-être, traditions, éducation et religions se confondent souvent…Et je me méfie de tout cela car il y a souvent un prix à payer que je trouve exorbitant. Ce prix dissimule certaines réalités qui servent à la collectivité au détriment des personnes. Je préfère, en dehors de toute forme de religiosité ou de politique, aller de l’individu vers le groupe, pas le contraire.

Sur cette île, comme ailleurs, je cherche la structure de l’homme. L’homme qui semble avoir déserté. Étrange, l’île serait du genre féminin ? Comme la peur, la solitude, l’attente, la souffrance, la détresse, la colère mais aussi la joie et l’espérance !

Parfois je suis comme elle, je passe par tous ces sentiments. Je ne décolère pas, furieuse de ne jamais accoster. Je me sens île, mais je vis sous d’autres cieux, je m’y cache de l’île perdue.

Quand je suis dans l’île, je nous ressens infiniment petits, alors ma mémoire se fait brouillard et l’horizon me rassure.

 

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