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30 juillet, 2008

noces d’or

« Un enfant est un être réel, une famille est une unité symbolique, une abstraction ». On observe pourtant une tendance à se grouper ou se regrouper en clans reconstitués sur plusieurs générations…

Dans ma famille, on s’est retrouvé autour de noces d’or. Vous savez ? Les 50 ans de mariage ! C’était le tour de mes parents. Émus, stressés comme de jeunes mariés. Ils se sont même offert le luxe d’avoir à leurs côtés une de leurs demoiselles d’honneur d’alors.

Trois générations donc, et les amis qu’ils se sont fait en 50 ans.

Trop de ceci, pas assez de cela, comme souvent les rencontres que l’on pense longtemps à l’avance et qui ne sont pas livrés clefs en mains.

Au delà du plaisir des retrouvailles autour de cet évènement, j’ai été frappée par les difficultés de communication.

Les mariés livrent des petits bouts de leurs envies pour l’organisation, la mise en place de la salle, les menus pour la réception à plusieurs personnes, mais chacun son tour et ces personnes ne se rencontrent pas…Ma sœur gère aussi, les mêmes choses en principe avec nos parents, mais à distance. Chacun son idée, son projet, les non-dits sont nombreux et chacun y va de son petit grain de sel. Avec mes frères le ton est encore différent. On ne parle pas des questions pratiques. Avec ma sœur on parle finances…les denrées et services coûtent chers. Nous sommes tous à devoir financer cet évènement en principe. Mais nous ne fonctionnons pas de la même manière et ce qui semble être une dépense évidente pour l’un parait une dépense inutile à un autre.

L’entité familiale de nos souvenirs n’existe que dans nos souvenirs ! Évidemment car les enfants que nous étions naguère ne participaient pas de manière concrète aux décisions prises par les adultes-parents.

Je ronchonne, déjà que mon mariage ne m’a pas laissé que des souvenirs positifs(préparatifs, réception), je n’ai pas envie de préparer celui de mes parents. En fait je me trompe, il ne s’agit pas de leur mariage , mais de l’anniversaire de leurs 50 ans de mariage. Ça ressemble tellement à un  vrai mariage -ne manque que la mairie- que mon erreur est normale.

Autour de cet évènement donc, il y a la présence de mes frères et de ma sœur et moi sur notre île pour la première fois depuis 25 ans. Mais ce n’est pas ce que l’on célèbre !

 

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Je lis en marge : je lis que pour faire partie d’une famille il faut le vouloir. Une de mes belle-sœurs avec laquelle j’ai une belle relation, à la fois « sœurternelle »(on a inventé ce mot avec ma sœur quand les dictionnaires disent sororité) et amicale, semble avoir du mal à investir cette famille et ceux qui l’ont fondé notamment. C’est dommage, mais chacun sa vision des choses. La mienne c’est une notion d’appartenance indéfectible qui dépasse mes choix personnels. Mon attachement à cette famille là est viscéral, j’accepte maintenant ce que ça me coûte mais je n’inviterais personne à l’adopter même pas elle  !

Donc, lors de la cérémonie religieuse, mes parents expriment un énième souhait qu’ils n’avaient pas évoqué avec nous auparavant : ils souhaitent que leurs enfants, petits-enfants et les conjoints présents soient assis à côté d’eux, perpendiculairement à l’assemblée. ça ne m’enchante guère, mais je fais la concession(ça contrebalance avec mon collier qui déplait très fortement à mon père). Ma belle-sœur chérie, refuse d’obtempérer au prétexte qu’elle n’y était pas préparée psychologiquement…Comment taire ce qui (tempête dans un verre d’eau) sera monté en épingle plus tard, alimenté par des heurts du quotidien ? Mes parents sont blessés de ce refus, blessés une fois de plus. Le coupable : une pratique du non-dit : comme si tout coulait de source !

Voilà de nombreuses années que je tente de me donner les moyens de prendre de la distance avec mes ressentis, notamment quand ils touchent à cette famille où j’ai grandi. Chaque fois que je peux, je leur explique mes choix. ça limite les interprétations et au moins les personnes concernées savent ce qui me motive.

J’évite par exemple d’accepter l’hospitalité de quelqu’un pour critiquer ensuite son hygiène domestique. J’ai fait le choix de la location de vacances qui a un coût mais qui me permet d’être tributaire de mon seul porte-monnaie !

Une anecdote pour conclure sur les noces d’or :

Sous deux flamboyants devant la demeure créole où se déroule la réception, nos ados et jeunes adultes sont rassemblés. Par trois fois, ils voient passer un véhicule dont le modèle et la marque attirent leur attention. Il plait particulièrement à l’un d’entre eux. Ce véhicule repasse encore puis s’arrête. Il en descend un homme qui s’avance vers la maison. A cet instant, mon frère cadet, ma sœur et moi sommes sur le devant de la maison. Nous reconnaissons l’homme vers qui nous nous rendons pour le saluer d’un sonore : bonjour monsieur le directeur ! ébahi, il met quelques secondes à nous reconnaître, moi après les autres comme d’habitude.Le directeur de l’école primaire (puis pour moi) du collège et du lycée, cherchait sa route et venait se  renseigner…Nous l’avons entrainé vers les mariés, ravis de le voir. Encore un moment  d’émotion. Mes années lycée ont ressurgi d’un coup avec cette apparition dûe au hasard.

 

 

 

 

25 juillet, 2008

Atermoiements de la vie d’un parent

C’est incroyable à quoi ça tient cette histoire ! J’ai voulu me retrouver, me rencontrer presque…alors je suis partie. Je les ai tous laissé. Puis j’ai souffert de leur absence. Je suis revenue auprès d’eux. J’étais habituée à leurs bruits, à notre cadre de vie commun. Je m’en étais accommodée depuis si longtemps…Faisant fi de mes peurs donc, j’étais partie : Mes chers enfants, on peut se lasser d’être mère ! Je mesure après mon retour, qu’on doit être plusieurs à œuvrer pour qu’un projet de vie, fut-il familial puisse aboutir. Une seule personne, y compris le poteau mitan ne peut pas tout. Que je sois présente en ce lieu -que je souhaite foyer- ou pas, n’a d’intérêt qu’à mes yeux. Partir c’était peut-être égoïste, sûrement risqué. Revenir c’est accepter de me perdre. Rester c’est biaiser avec la lâcheté, comme beaucoup de gens, c’est moins fatigant que le reste. Que faudrait-il faire ? Courir après ce que l’on nomme bonheur, sans jamais se hisser assez haut pour le rattraper ? Être heureux et vouloir le décliner à son niveau, est-ce une chimère ? En partant je pensais avoir du courage, en revenant c’était juste la négation de mes désirs profonds. En restant, je m’enlise en rêvant à une montagne inaccessible car inconnue.

 

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19 juillet, 2008

Feuillages ou razié ?

 

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Quels sont ces parfums qui viennent me chatouiller les narines ? Dans les bruissements de la nuit antillaise, ma mémoire s’en va à la recherche de ce qui se trouve enfoui depuis si longtemps. Odeur sucrée, entêtante de  ces fleurs bicolores roses et blanches dont je n’ai jamais su le nom savant, mais qui évoquent des lieux, des gens : Cap Chevalier, Le Vauclin, La pointe Faulat, route de la Folie, Terrain Fantaisie et d’autres encore. Un tamarinier m’évoque un « thé » après le feuilleton télévisé que nous avons regardé chez des amis de la famille. Plus que des amis, puisque nous étions dans une fraternité spirituelle…Des feuillages »razié » et voilà l’image d’enfants baignés dans une bassine en fer blanc, dans une eau gluante et pleine de petits bouts de feuilles froissées  sensées avoir de multiples vertus.

 

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