Plurielle

D’abord humain

28 juin, 2008

Fiction (toute ressemblance serait fortuite)

 Il y a des réponses qui font peur. Il y a des questions à ne pas poser. Tu m’as demandé pourquoi je t’aime. Je t’ai répondu…je ne sais plus quoi…Tout simplement parce que je ne sais pas aimer . Où apprend on à aimer ? Comment apprend on à bien aimer ? Est-ce surtout moi que j’aime à travers toi ? Je continue de réfléchir. Je veux une vraie réponse, circonstanciée, précise, argumentée et tout et tout. Pour trouver ma réponse, il faut que je sache qui tu es. Ben oui parce que tu dois correspondre à mes idéaux. J’ai bien dit idéaux ! un idéal, c’est banal, trop simple pas assez compliqué. Sinon quel serait l’intérêt de toutes ces années d’analyse ? Tu dois être un super mec, on aura une super maison écolo. On aura une super relation amoureuse. Et surtout tu seras là ! toujours auprès de mon coeur. Oups ! je m’égare. Je réfléchissais donc ! Il s’agit donc de savoir si tu corresponds à mes idéaux. C’est compliqué. Quels sont mes idéaux ? Lesquels dois-je interroger ? Je fais appel à la petite fille que j’étais : elle ne veut pas répondre, ce serait l’injonction de trop. Pourquoi une injonction ? Parce que, rappelle-toi, tu étais la première fille à la maison, tu devais aider maman, tu devais montrer l’exemple, tu devais aider ta soeur, tu devais aimer tes frères, tu devais aimer Dieu ! Tu en veux encore, ça ne t’a pas suffit ? Plus tard tu devais réussir ton bac tu devais bien te conduire tu devais te marier avec un gars bien comme il faut et plus encore. Tu devais avoir des enfants, un travail, une maison et tu devais être heureuse !               escalierenspirale.jpg                  

Et où sont-ils mes idéaux dans cette énumération ? Nul rêve, nulle aspiration ne s’extrait de cette litanie de devoirs.Je repars à la recherche de mes idéaux. Devine ce que je trouve : je suis au pays des bisounours, rien ne dépasse, tout est harmonie paix, sérénité, partage, béatitude. Mauvaise pioche tu ne peux pas être ça : une atmosphère encore plus fausse que virtuelle. Il faut que je définisse le mec, comme le Ken de Barbie, qui serait le centre et les points cardinaux qui sublime mon existence. Si ce n’est pas le cas, je ne dois pas te dire pourquoi je t’aime parce que je ne t’aime pas ! Si tu es celui que mon inconscient désigne comme moins que…, pas assez…, ce n’est pas toi qui cristallise mes idéaux. Si tu me sers à  me revaloriser à mes propres yeux, si tu n’existes que par tes défauts car ils me grandissent, si je me sens mieux que toi et que j’en oublie mes défauts, alors je suis terriblement honnête, je ne sais pas aimer car je ne connais que le rapport de force qui me donne le dessus dans un affrontement, à vie ou à mort. Je suis dans le tourbillon d’un combat que j’ai déclenché seule, contre toi, toi qui représente tout ce qui n’est pas moi. Tout ce qui, exogène représente le danger. Danger que je ne sais ni identifier ni décrire sauf à dire que je dois éviter (encore une injonction)que, par une permanence de liens, tu deviennes celui qui lis en moi comme moi-même.Pourquoi je t’aime ? Parce que tes mots me chatouillent, parce que si tu es avec moi, je ne serais plus seule, je pourrais construire mon monde de bisounours, on n’y sera que tous les deux. Pourquoi je t’aime ? Parce je veux qu’un autre que moi soit le dépositaire de mes affects. Finalement, je ne sais pas répondre à ta question, je ne la comprends pas, il ne me reste qu’une solution, oser !

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