Plurielle

D’abord humain

28 juin, 2008

Départ

Politesse, bienséance et savoir-vivre m’obligent malgré moi à entendre des inepties, clichés et préjugés au sujet des tropiques. Je suis en partance vers mon île pour une immersion de deux mois après trois ans d’absence ! Depuis 19 ans j’y retourne tous les trois ans, c’est statutaire et, ça fait partie des ces soit-disant « avantages des planqués de la république » décrits il y a quelques années en ces termes dans un journal national. En fait d’avantage, il s’agit pour moi d’avoir la chance de ne voir mes parents que tous les trois ans. Cette disposition propre aux trois fonctions publiques permet aux nationaux issus des DOM-TOM(réf vos cours d’instruction civique ou d’histoire géo ou votre culture générale) de « conserver » des liens culturels, intergénérationnels et j’en passe, là où les nationaux hexagonaux bénéficient sans le savoir de la continuité territoriale pour maintenir ou non des liens avec leur proches ou leur terroir. Disposition il est vrai injuste si l’on considère tous les ultramarins qui ne sont pas fonctionnaires. Sensible à la condition de tous, je ne vis que la mienne et, présentement c’est de ma place que je parle. Mon statut de planqué, ne me permettra jamais au vu de mes émoluments de financer le trajet vers mon île avec mes enfants…

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Heureusement que je n’ai pas choisi d’être au service du public pour ces avantages ! Revenons à ma mauvaise humeur du début de ce texte. Une collègue, pas la plus bête, non! la cultivée, la sociale, celle qui pratique l’empathie de façon instinctive, Caroline Ingalls en quelque sorte, m’aborde frontalement pour savoir si la collectivité qui nous emploie et qui me finance « mes vacances » à l’étranger ferait de même pour elle, considérant que sa fille s’en va s’installer à l’étranger ! Petit rappel, n’en déplaise aux esprits chagrins, la Martinique est française, comme la Corrèze donc ni visa ni titre de séjour.

Bon j’y vais ! Je suis en souci pour mes valises mais ça c’est structurel, où que j’aille je ne sais pas quoi y mettre. Malheur, je l’ai dit tout haut ce qui me vaut du coeur des vierges : un paréo deux maillots et une paire de tongs, et tu es prête…même pas besoin de valise !

D’une autre fort sympathique personne j’apprends que je vais dans un pays où les gens ne sont pas en colère, où ils sont tous apaisés, pas concernés par la vie trépidante du vieux continent. Je devrais me sentir sereine d’arriver pour deux mois dans ce paradis, il n’en est rien, je ne sais pas apprécier ma chance. En fait, je vais faire le plein de souvenirs, retrouver mes parents vieillissants, tenter de reprendre le fil de notre histoire commune là où je l’ai laissé il y a trois ans ! fastoche hein Dr. Freud ? Et puis ce paradis sur terre on n’en parle pas aux infos de 20 h ! Mais je sais lire et j’en profite, non : tout ne se résume pas à la prétendue beauté du paysage, dedans il y a des gens sereins ou survoltés, bienveillants ou non, intelligents ou cons. Comme partout à mon sens. Il se trouve que je suis née là-bas que j’y suis viscéralement attachée et que je ne demande à personne de le comprendre, c’est un fait. Je ne me sens pas de faire des commentaires quand une collègue va voir ses parents dans le Cantal, c’est son histoire, ses racines ce n’est pas exotique de son point de vue, je me contente de respecter cela ! C’est si difficile à comprendre ?

 

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